7h09 – Une revue de voyage à savourer

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Mon amie Dephine Minotti-Vu Ngoc a eu l’idée originale de créer un guide de voyage que l’on peut garder tel un beau livre sur la table basse du salon et que l’on peut consulter quand l’envie de s’évader se fait sentir. Le lecteur peut y trouver des articles culturels et historiques, des interviews de personnes habitant la destination, ou encore des pistes pour se loger, sortir et découvrir les lieux qui font la richesse de la ville proposée. Après Barcelone et New York, Amsterdam a vu le jour dernièrement. Rencontre avec l’auteure d’un nouveau type de guide touristique.

Comment as-tu eu l’idée de créer ce type de revue ?
Delphine : J’étais fan des revues type Toc, Toc, Toc ou Frankie. J’ai eu envie de créer un bel objet dans ce style. Cela correspondait aussi pour moi au désir de revenir à un métier littéraire, à revenir à mes premiers amours. Le besoin d’écrire, de raconter une histoire, de travailler le papier, de matérialiser cette envie dans un bel objet.

Que signifie le titre « 7h09 » ?
Delphine : 7h09, ça fait penser à un horaire de voyage. Ce peut être à la fois le début de la journee ou la soirée, lorsque la journée s’achève et que l’on a bien profité d’un endroit.

En quoi le concept de la revue est-il différent d’un guide de voyage ?
Delphine : L’originalité, c’est que la revue s’intéresse à 100 % à une ville. Il y a une vision culturelle au sens large du terme, c’est-a-dire que l’on a un regard sur la gastronomie, la littérature, la photo, la musique… La revue est bien évidemment dédiée au voyage, mais si elle s’adresse à des personnes ayant déjà un projet concret, elle peut aussi assouvir la curiosité des lecteurs qui ont juste envie d’en savoir plus sur cette ville. Le guide s’intéresse à la ville dans son aspect quotidien, c’est-à-dire comment les gens qui y vivent la perçoivent. Toutes les adresses sont authentiques et ont été « testées et approuvées » par des locaux. Je propose d’ailleurs des portraits de ces habitants : qui sont-ils, pourquoi habitent-ils dans cette ville, qu’y font-ils ?

Comment choisis-tu les destinations ?
Delphine : Ce sont prioritairement des villes que je connais bien. J’ai besoin de m’approprier ces endroits afin de savoir quelle image je souhaite en donner. J’ai vécu à Barcelone et à Amsterdam, je suis allée de nombreuses fois à New York.

Quel accueil a-t-elle reçu jusqu’à maintenant ?
Delphine : Un accueil surprenant ! Beaucoup de jeunes, d’étudiants en design ou en graphisme ont aimé la revue. J’ai aussi parmi mes lecteurs de jeunes retraités qui apprécient le contenu culturel. Enfin, il y a aussi des familles, d’ailleurs nous consacrons des articles sur les visites à ne pas manquer lorsqu’on voyage avec des enfants.

7h09 est vendu en ligne, ici, et en boutiques chez 15 revendeurs en France et Belgique.

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Lecture – Une bonne épouse indienne **

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En lisant ce livre, j’ai eu la surprise de revivre des sentiments familiers. Evidemment, mon histoire n’a rien de comparable avec celle de Leila, jeune indienne, que l’on unit à Neel, un médecin américano-indien, par le truchement d’un mariage arrangé.

La jeune épouse quitte alors son pays natal pour les Etats-Unis, où travaille son mari médecin, et apprend à connaître son nouvel environnement. Ce sera également pour elle l’occasion de s’affranchir de la lourdeur de certains aspects de la culture indienne.

L’histoire se déroule à San Francisco. Leila apprivoise petit à petit son pays de résidence. Sa vie est émaillée de découvertes, de déceptions, de surprises également, mais elle s’accroche et parviendra finalement à prendre ses repères dans sa nouvelle ville.

Un récit qui m’a rappelé les premiers moments passés dans un nouvel endroit. La découverte à chaque coin de rue. Le décalage par rapport aux habitudes locales. Le sentiment de solitude, parfois. Ajoutons à cela, une réflexion sur le couple et sur la tradition du mariage arrangé. J’ai personnellement rencontré plusieurs femmes indiennes ayant contracté un mariage arrangé dans mon quartier et j’ai éte honnêtement très impressionnée par le fatalisme avec lequel elles avaient accepté de poursuivre cette tradition ancestrale.

*Mouais… **Bien ***Super !

Comment j’ai homeschoolé mon fils ado en high school

Si, si, c’est possible.

Si je n’écris que maintenant, c’est que l’ado en question  :

  • a maintenant 18 ans
  • est inscrit à l’Université du Montana
  • a passé les SAT, CAHSEE et autres GED sans problème
  • me parle encore… (allez, une petite vanne pour dédramatiser…)

Depuis ses 10 ans, mon fils aîné a été ingérable à l’école. Le gosse qui s’ennuie, qui fait suer son monde (pour être polie), qui n’en fout pas une rame… c’est le mien. Jusqu’à l’équivalent du collège, il fait illusion, ratant de quelques points chaque année le transfert en classe « avancée » (le fameux Gifted and Talented des écoles américaines). Mais en entrant en Middle School, quelque chose change – déjà mon fils fait sa puberté à 11 ans (et oui, nous sommes très précoces dans la famille) – et mon fils est rejeté. Il commence à se battre à l’école et à faire des vagues. Ne fait plus son travail. Devient irritable à la maison. On se rend compte qu’il est harcelé à l’école et malgré tous nos efforts pour travailler avec l’école, nous échouons. Notre enfant souffre de phobie scolaire.

En déménageant en Californie l’année de ses 14 ans, nous espérons que les choses changeront lors de sa première année d’high school américaine, mais en vain. Il est très vite rattrapé par ses vieux démons et termine l’année avec des « F » dans des matières où il est pourtant excellent. Je décide alors de le scolariser à la maison en 10th grade (équivalent 2nde française). Je l’inscris alors à CAVA, une école en ligne gratuite, proposée par l’état de Californie (mais qui existe aussi dans d’autres états des US). Déception : mon fils fait tout le travail donné par les profs en 2 heures (maximum) et se retrouve le reste du temps à se tourner les pouces. Il passe quand même deux examens cette année-là : le CAHSEE (examen obligatoire pour les élèves de High School en Californie) et le PSAT (examen de préparation au SAT, dont je reparlerai plus tard), où il obtient un score prometteur.

L’année suivante, je décide de prendre en main les cours de mon fils moi-même. Je télécharge les divers programmes des cours obligatoires en high school : US literature, US History, Chimie… Je télécharge également des fiches techniques sur différents thèmes des différents programmes. En général, lorsque mon fils travaille en matinée, je prépare les cours pour les jours suivants de la semaine. Je rajoute également des cours de français (étant prof moi-même, ça aide) en suivant le programme de AP French (niveau de cours des universités). J’émaille ces cours de lectures obligatoires en anglais et de lectures en français (pas des classiques, dont il a horreur, mais des articles, des lectures plus accessibles à un jeune ayant vécu toute sa scolarité aux USA). Nous bouclons tous les programmes (à part US History que nous avons fait sur 10 mois au lieu de 8).

Dernière année de High School, 12 grade. Nous reprenons le même système. A la demande de mon fils, nous abandonnons le français, dont il a marre… En raison de son bon résultat au PSAT, mon fils reçoit l’offre d’une université au Montana. Nous n’y croyons pas trop, mais la dernière année d’High School étant le moment où il faut choisir son (ou ses) université(s), nous nous renseignons sur ce qu’il faut faire pour obtenir une place. Il faut savoir que les universités américaines sélectionnent leurs élèves sur leurs notes de high school, leurs activités extra-scolaires, leur implication dans des oeuvres de charité et également sur leur note au SAT, cet examen qui permet aux univ de juger, en un coup d’oeil, du potentiel d’un candidat. L’élève peut passer le SAT plusieurs fois et ne garder que le meilleur score. Mon fils décide subitement de passer le SAT (nous pensions qu’il n’était pas intéressé par la poursuite d’études et le voyions plutôt en Community College – équivalent des IUT – en gros études en filière courte, ce qui convenait très bien à ses projets futurs). Mais non, il souhaite tenter sa chance pour entrer à l’université (diplôme en 4 ans). Bien.

Nous passons donc les mois de septembre et octobre à bachoter à fond. J’achète des livres pour passer le SAT et nous bossons comme des fous pendant plusieurs semaines. Comme le SAT est chronométré, il faut en plus travailler la vitesse. Quand je fais 5 problèmes de math, mon fils en fait 10. Je suis rassurée. Il passe l’examen un samedi matin d’octobre, en ressort 1h30 en avance… je me dis que c’est plié. Nous reprenons ensuite les cours comme avant, avec cette fois, au programme, de la physique (miam-miam), un cours sur le gouvernement des USA et un cours sur mesure de Science Fiction en litterature anglophone. Le reste comprend beaucoup de révisions. Vous l’avez compris, la dernière année est plus cool. Quelques semaines plus tard, nous recevons les résultats du SAT. Mon fils a 1960 sur 2400, ce qui est plutôt pas mal, vu que Berkeley par exemple, ne prend pas les élèves qui ont moins de 1800. Nous apprenons que ses résultats lui donnent droit à une bourse dans le Montana et que l’université l’accepte immédiatement. Mon fils qui rêve de retourner vivre dans un endroit avec de vraies saisons est enthousiaste. Il ne lui reste plus qu’à passer le GED (un examen qui permet aux adultes de prouver qu’ils ont le niveau de fin d’high school). Le fiston passe à nouveau le diplôme haut la main.

Il part la semaine prochaine dans le Montana pour commencer ses cours et je me remémore les difficiles années de son parcours scolaire. Je suis heureuse de n’avoir rien lâché. Nous avons été critiqués lorsque nous avons retiré notre fils de l’école, mais l’urgence était de rebâtir sa confiance en lui (perdue complètement à l’école) et de lui fournir un environnement où il se sentait en sécurité. Les gens m’ont dit que c’était mauvais pour sa socialisation – a fortiori pour un adolescent. Mon fils a suivi des cours d’escrime pendant un an et a donné de son temps au scoutisme pendant plus de 4 ans. Cette dernière année, il était « chef » du bateau des scouts et dirigeait une dizaine d’adolescents. Je suis convaincue qu’un parent est le mieux placé pour prendre une décision impliquant ses enfants. Suivez votre instinct et faites fi des mauvaises langues.

Bon courage et bon vent 🙂

Immigré ou expatrié ?

Je suis en vacances en France depuis quelques semaines et une réflexion profonde m’habite. Suis-je une expatriée ou une immigrée ? On dit en général que les expatriés ne restent pas sur place, qu’ils repartent, à un moment ou à un autre, dans leur pays d’origine. Les immigrés, quant à eux, s’installent dans un pays et y restent. Ils ancrent de nouvelles racines dans ce pays qui n’est pas le leur.

Moi, je ne me suis jamais considérée comme une immigrée. L’appellation « expatriée » me permettait de toujours conserver un recul par rapport à mon pays d’accueil. Peut-être aussi que me sentir « étrangère » dans le pays me plaisait. D’ailleurs, mon prénom, Gaëlle, signifie l’étrangère en celte. Marrant, non ?

Mais il faut bien se rendre à l’évidence. J’ai vecu hors de France depuis presque 15 ans… 15 ans ! ça me choque tellement ça paraît énorme ce chiffre. Suis-je encore française ? J’avoue que je me sens parfois un peu étrangère dans mon propre pays. Je ne comprends (presque) plus les plaintes de mes compatriotes ou même certaines de leurs habitudes qui me sortent par les yeux. Suis-je devenue intolérante ou tout simplement différente ?

Mon mari a pris la nationalité américaine depuis quelques mois. ça ne semble pas le tourmenter, lui. Il me dit que ce nouveau passeport, c’est juste quelque chose en plus, que ca n’enlève rien à la « personnalité/nationalité » de départ. Personnellement, c’est un acte encore trop intime pour moi. Je n’ai pas envie d’ajouter une nouvelle pièce à mon puzzle psychique. Ma réflexion n’est en effet pas encore bouclée.

15 ans à l’étranger. 11 ans et demi aux US. 2 ans et demi en Ecosse. C’est un cap ou quoi ? J’arrête pas d’y penser en ce moment. Et quelle est mon envie désormais ? Découvrir un nouveau pays… Peut-être pour briser le cycle et arrêter de me poser des questions…

Et vous, êtes-vous immigré ou expatrié (à tout le moins dans votre esprit) ?

Les 5 trucs qui changent dans votre vie, quand vous êtes expat

Par Gaëlle Goutain

On a beau s’attendre à un choc culturel, on n’est pas franchement préparés à ce qui nous attend :

1 – Les fêtes de famille
sapin 2013

Ah oui, ça vous ennuyait profondément de participer aux 60 ans de tante Josette ou au baptême de votre petit cousin au 40e degré… mais croyez-moi, ça va vous manquer ! Grinçages de dents et larmichette à l’oeil sont à prevoir…
– quand vous regardez les photos Facebook des copains pour Noël/Pâques/les 18 ans de la cousine/l’anniversaire de mariage des grands-parents.
– quand vous visionnez, pour la 15e fois la saga Une famille formidable, la boîte de chocolats sur les genoux.
– quand vous voyez la pub Ricoré, mais si, vous savez, l’ami du petit déjeuner.

2 – Les questions existentielles
Vous étiez sûr(e) de vous quand vous viviez en France. Vous saviez où vous alliez, combien d’enfants vous alliez avoir, quel boulot vous alliez faire et où vous partiriez pour les vacances en aoùut. Mais, mais, mais… tout cela va changer avec l’expatriation !
– dans quel état j’erre ? Que le premier conjoint d’expat qui ne s’est jamais posé cette question, me jette la première pierre. C’est pas toujours facile de rester à la maison avec les petites nenfants quand on a bossé 50h par semaine depuis 10 ans ! (J’en vois qui ricanent dans le fond)- quand vous déménagez tous les trois ans, c’est moyen, moyen pour suivre une carrière linéaire… alors vous changerez de boulot à chaque déménagement. Vous avez tout fait : standardiste, barman, serveur, prof de planche à voile, tuteur de français…
– on ne rentre pas en France cette année… y’a pas de budget (1500 euros par personne)… vous allez me dire qu’au moins on voyage !

3 – Le rapport à la bouffe
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Avant de partir, le plein de courses au Carrefour tous les samedis matins vous donnait la jaunisse. C’était avant… Maintenant, vous êtes OB-SE-DE par la bouffe !
Top 5 des questions les plus courantes sur les sites expat :
– Où trouver du saucisson avec les bouts de gras à la bonne taille ?
– Comment se faire livrer du reblochon au nez et à la barbe de la douane ?
– C’est possible de faire ses Danettes/quenelles/rillettes/ravioles maison ?
– Quelles sont vos bonnes adresses pour trouver les meilleures baguettes de pain ou les croissants les plus croustillants ?
– Qui veut me faire un colis de survie de France, s’il vous plaîîîîîît ?

4 – L’allergie aux déménagements et aux départs
Si, si, c’est lié. Vos parents ont dû rester facile 25 ans au même endroit. Ou alors, quand ils ont déménagé, c’était de 5 km… Oui, mais vous, vous en êtes à 15 déménagements en 20 ans de vie commune.
Deux attitudes possibles :
– Vous maitrisez le carton à la perfection. D’ailleurs, vous pourriez ouvrir une compagnie de déménagement. C’est dire !
– Ou alors… les crises d’angoisse vous prennent dès qu’apparaît dans votre rue un camion U-Haul ou Déménageurs Bretons.
De nouveau, il est de bon ton de préparer les mouchoirs chaque mois de juin, car c’est à ce moment-là que les départs des copains des enfants/de vos meilleurs potes de beuveries soirées sont légion…

5 – Le système D
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Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson. Moi toute seule, moi toute seule. C’est votre crédo. Vous assurez tout :
– pour rester dans le thème déménagement… vous savez emballer 170 cartons toute seule et gérer une transhumance transcontinentale en 3 semaines (trop forte !)
– vous avez accouché toute seule, vous avez géré la petite enfance de vos rejetons sans les mamies, vous avez utilisé sans vergogne les plans copines pour partir en week-end avec l’homme de votre vie (trop démerde !)
– vous vous démerdez toujours pour trouver du boulot… soit par la mère d’un copain d’école de loulou… soit par la présidente de l’association francophone de votre coin… soit parce que vous êtes la seule française dans le coin et qu’on vous attendait comme le messie pour donner des cours (même si vous êtes comptable à la base…). (trop géniale !)

Bref, partir à l’étranger, ça va vous changer. Vous rendre meilleur, je ne sais pas… Vous modifier profondément, assurément ! C’est beaucoup de joies, beaucoup d’emmerdes et aussi beaucoup d’émotions… le roller coaster, comme disait une très bonne amie de moi.

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